Province du Centre
Sing Buri
Petite province de la plaine centrale, mémoire vive de la Thaïlande. Bang Rachan y a tenu tête aux Birmans cinq mois selon la tradition, de 1765 à 1766 : le courage thaï a là un monument et un nom.
L’essentiel
Mémoire de la résistance aux Birmans
Une province, un récit
Sing Buri ne se visite pas pour ses paysages : la plaine est plate, les rizières s’étendent à perte de vue, le Chao Phraya y coule lentement. On y vient pour une histoire, celle d’un village qui a refusé de céder. Selon la tradition thaïe, en 1765, au début de l’invasion birmane qui aboutira à la chute d’Ayutthaya en avril 1767, les habitants de Bang Rachan se sont retranchés derrière des fortifications. Selon la tradition, il a fallu huit assauts birmans pour venir à bout de ces paysans armés face à des soldats aguerris, au fil d’un siège de cinq mois selon la fiche officielle de la province. Mais le récit a survécu, et il est devenu une matrice du courage thaï.
La province a aujourd’hui le calme des campagnes du centre. Sing Buri ville, posée sur le fleuve, vit au rythme des marchés et des temples. Wat Phra Non Chaksi abrite un immense Bouddha couché, antérieur à Ayutthaya selon la tradition. Et le mémorial de Bang Rachan, à vingt minutes de la capitale, attire chaque année des milliers de Thaïlandais venus se recueillir. Pour le voyageur étranger, c’est une étape rare : peu touristique, profondément sincère.
Que voir, que faire
Trois sites suffisent à comprendre Sing Buri. Tous se font en une journée depuis Bangkok ou en s’arrêtant en remontant vers Sukhothai.
Le mémorial des héros. Monument aux onze chefs de Khai Bang Rachan, parc commémoratif, musée modeste qui retrace le siège de 1765 à 1766. À environ 15 km de Sing Buri ville, sur la route 3032. Lieu très fréquenté par les écoles thaïlandaises, beaucoup moins par les touristes étrangers : l’ambiance y est respectueuse, presque solennelle.
Le grand Bouddha couché d’environ 47 mètres. Statue très ancienne, antérieure à Ayutthaya selon la tradition, abritée dans un viharn. Moins connu que celui de Bangkok, mais bien plus ancien selon la tradition et nettement plus serein. Aucun ticket d’entrée, peu de visiteurs en semaine.
La spécialité de la province est le poisson tête de serpent (pla chon) de la rivière Mae La, un bras du Chao Phraya, servi grillé dans les restaurants locaux ; Sing Buri lui consacre une fête du poisson fin décembre. Pour les produits locaux, le marché Tong Chom, dans l’enceinte de Wat Phra Non Chaksi, réunit plus de 140 étals tous les jours.
Le temple monastère. Temple très vénéré, surnommé Wat Luang Pho Phae, bâti en 1891 au bord de la rivière Noi et marqué par Luang Pho Phae, abbé vénéré du XXᵉ siècle mort en 1999, à qui un musée est consacré. Un Bouddha assis géant couvert de mosaïque dorée, que la province présente comme le plus grand du pays dans sa posture, domine le site. Beaucoup de pèlerins, peu de touristes.
S’y rendre, y dormir
Province très accessible, peu équipée pour le tourisme international. Les options restent simples.
2 h en voiture par la route 1 puis la route 32 (Asia Highway). En bus depuis la gare routière de Mo Chit 2 (Mochit Mai) : horaires et tarif à vérifier au guichet. Pas de gare ferroviaire utile. La voiture reste le format idéal pour combiner Sing Buri, Ang Thong et Lop Buri sur un ou deux jours.
Très limité. Quelques hôtels milieu de gamme à Sing Buri ville, des resorts simples près du fleuve. La plupart des voyageurs dorment plutôt à Lop Buri ou à Ang Thong. Compter 800 à 1 500 THB la nuit.
Novembre à février pour la saison sèche et fraîche. Éviter avril (canicule, maximales moyennes proches de 37 °C et pointes à plus de 40 °C) et septembre à octobre (mousson). En février, la fête commémorative de Bang Rachan rassemble des milliers de Thaïlandais.
Sur la route Bangkok Sukhothai, l’itinéraire logique enchaîne Ayutthaya, Ang Thong, Sing Buri, Lop Buri, puis remonte vers Phitsanulok.
Questions fréquentes
Ce que les voyageurs nous demandent
Sing Buri vaut elle un détour depuis Bangkok ?
Oui, à condition d’aimer l’histoire et de chercher un contraste avec la capitale. Bang Rachan est un lieu chargé pour les Thaïlandais : y passer une demi journée donne une autre lecture du pays. Pour un premier voyage focalisé sur les classiques, on peut sauter Sing Buri sans regret. Pour un retour ou un séjour long, c’est une étape qui marque.
Combien de temps prévoir sur place ?
Une demi journée à une journée suffit. Le mémorial de Bang Rachan, Wat Phra Non Chaksi et le marché de Wat Phra Non Chaksi se font en quatre à cinq heures. En partant de Bangkok à 8 h, on est rentré pour le dîner.
Anglais parlé, infrastructure touristique ?
Très peu d’anglais en dehors des hôtels. Pas d’office du tourisme international, peu de menus traduits. Une appli de traduction et Google Maps suffisent pour naviguer.
Sources officielles
Références
- TAT, Région Centretourismthailand.org
Page des destinations de la région Centre sur le site officiel.
- TAT, Sing Buritourismthailand.org
Fiche officielle de l’Office du tourisme de Thaïlande sur la province.
Lire aussi
Provinces voisines
- Ang Thong→
Voisine au sud, célèbre pour son Bouddha doré géant de Wat Muang.
- Lop Buri→
Voisine à l’est, ancienne cité khmère et capitale royale du roi Narai.
- Chai Nat→
Voisine au nord, parc aux oiseaux, barrage du Chao Phraya, plaine rizicole tranquille.
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