Province — Centre

Sing Buri

Petite province de la plaine centrale, mémoire vive de la Thaïlande. Bang Rachan y a tenu tête aux Birmans cinq mois en 1765 — le courage thaï a là un monument et un nom.

Mis à jour4 juin 2026Par Jérémy GineauLecture 5 minutes

Mémoire de la résistance birmane

1765
le siège de Bang Rachan, cinq moisUn village de paysans tient tête à l’armée birmane jusqu’à la chute. Le mémorial, planté à l’entrée de Bang Rachan, fait de Sing Buri un haut lieu patriotique.
RégionPlaine centrale, 142 km au nord de Bangkok
CapitaleSing Buri, sur le Chao Phraya
Pour quiÉtape historique sur la route Bangkok-Sukhothai
Durée idéaleUne demi-journée à une journée

Une province, un récit

Sing Buri ne se visite pas pour ses paysages — la plaine est plate, les rizières s’étendent à perte de vue, le Chao Phraya y coule lentement. On y vient pour une histoire, celle d’un village qui a refusé de céder. En 1765, dans les derniers mois précédant la chute d’Ayutthaya, les habitants de Bang Rachan se sont retranchés derrière leurs palissades de bambou. Sept charges birmanes, cinq mois de siège, des paysans armés contre des soldats aguerris : la place est tombée, les défenseurs ont presque tous péri. Mais le récit a survécu, et il est devenu une matrice du courage thaï.

La province a aujourd’hui le calme des campagnes du centre. Sing Buri ville, posée sur le fleuve, vit au rythme des marchés et des temples. Wat Phra Non Chaksi abrite l’un des plus anciens Bouddhas couchés du pays. Et le mémorial de Bang Rachan, à vingt minutes de la capitale, attire chaque année des milliers de Thaïlandais venus se recueillir. Pour le voyageur étranger, c’est une étape rare : peu touristique, profondément sincère.

Que voir, que faire

Trois sites suffisent à comprendre Sing Buri. Tous se font en une journée depuis Bangkok ou en s’arrêtant en remontant vers Sukhothai.

Bang Rachan

Le mémorial des héros. Statue équestre des onze chefs paysans, parc commémoratif, musée modeste qui retrace le siège de 1765. À 15 km à l’ouest de Sing Buri ville. Lieu très fréquenté par les écoles thaïlandaises, beaucoup moins par les touristes étrangers — l’ambiance y est respectueuse, presque solennelle.

Wat Phra Non Chaksi

Le grand Bouddha couché de 46 mètres. Statue datant du XVIᵉ siècle, abritée sous un viharn ouvert. Moins spectaculaire que celui de Bangkok, mais bien plus ancien et nettement plus serein. Aucun ticket d’entrée, peu de visiteurs en semaine.

Marché du fleuve

Marché de poissons sur le Chao Phraya. Le matin, les pêcheurs débarquent leur prise au quai de Sing Buri ville. Atmosphère populaire, prix locaux, restaurants flottants servant le poisson grillé du jour.

Wat Phikun Thong

Le temple-monastère. Lieu de retraite très respecté du bouddhisme theravada thaï, fondé par un moine vénéré du XXᵉ siècle. Architecture sobre, jardins paisibles. Beaucoup de pèlerins, peu de touristes.

L’angle juste. Sing Buri n’est pas une destination en soi — c’est une halte, une parenthèse historique. La traiter comme telle (demi-journée, pas plus) évite les déceptions. Le récit de Bang Rachan vaut largement le détour.

S’y rendre, y dormir

Province très accessible, peu équipée pour le tourisme international. Les options restent simples.

Depuis Bangkok

2 h en voiture par l’autoroute 32 (Asia Highway). En bus depuis Mochit Mai : départs fréquents, 2 h 30, environ 130 THB. Pas de gare ferroviaire utile. La voiture reste le format idéal pour combiner Sing Buri, Ang Thong et Lop Buri sur un ou deux jours.

Hébergement

Très limité. Quelques hôtels milieu de gamme à Sing Buri ville, des resorts simples près du fleuve. La plupart des voyageurs dorment plutôt à Lop Buri ou à Ang Thong. Compter 800 à 1 500 THB la nuit.

Quand venir

Novembre à février pour la saison sèche et fraîche. Éviter avril (canicule, jusqu’à 40 °C) et septembre-octobre (mousson). En février, la fête commémorative de Bang Rachan rassemble des milliers de Thaïlandais.

Combiner

Sur la route Bangkok-Sukhothai, l’itinéraire logique enchaîne Ayutthaya, Ang Thong, Sing Buri, Lop Buri, puis remonte vers Phitsanulok.

Ce que les voyageurs nous demandent

Sing Buri vaut-elle un détour depuis Bangkok ?

Oui, à condition d’aimer l’histoire et de chercher un contraste avec la capitale. Bang Rachan est un lieu chargé pour les Thaïlandais — y passer une demi-journée donne une autre lecture du pays. Pour un premier voyage focalisé sur les classiques, on peut sauter Sing Buri sans regret. Pour un retour ou un séjour long, c’est une étape qui marque.

Combien de temps prévoir sur place ?

Une demi-journée à une journée suffit. Le mémorial de Bang Rachan, Wat Phra Non Chaksi et le marché du fleuve se font en quatre à cinq heures. En partant de Bangkok à 8 h, on est rentré pour le dîner.

Anglais parlé, infrastructure touristique ?

Très peu d’anglais en dehors des hôtels. Pas d’office du tourisme international, peu de menus traduits. Une appli de traduction et Google Maps suffisent pour naviguer.

Références

  • TAT — Sing Buritourismthailand.org

    Office du tourisme officiel : sites, événements, calendrier des fêtes, infos pratiques sur la province.

  • Thailand Tourism Directorythailandtourismdirectory.go.th

    Annuaire officiel du ministère du Tourisme : monuments, temples, fiches détaillées par province.

Provinces voisines

  • Ang Thong

    Voisine au sud, célèbre pour son Bouddha doré géant de Wat Muang.

  • Lop Buri

    Voisine à l’est, ancienne cité khmère et capitale royale du roi Narai.

  • Chai Nat

    Voisine au nord, parc aux oiseaux, barrage du Chao Phraya, plaine rizicole tranquille.

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